Compagnie
Bérangère Vantusso

Les aveugles
de Maurice Maeterlinck


Mise en scène : Bérangère Vantusso
Création 2008

{Répertoire}


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© Ivan Boccara


« Il m’est arrivé de croire qu’un vieillard immobile vivait, en réalité, d’une vie profonde, plus humaine et plus générale que l’amant qui étrangle sa maîtresse » 

M.Maeterlinck

L’histoire

Ils sont douze. Six hommes et six femmes, presque tous très vieux. Tous sont aveugles. Certains depuis leur naissance, d'autres ont déjà vu. Le prêtre de leur hospice les a emmenés en promenade puis il a disparu. Ils l’attendent, incapables de retrouver leur chemin sans lui. Le spectateur, unique témoin “voyant” de la scène, est aussi le seul à voir, qu'en réalité, le prêtre est mort, assis contre un arbre. Les bruits de l'île sont les seuls repères des Aveugles pour comprendre où ils sont, pour savoir notamment si la nuit est déjà tombée. Ils écoutent, ils guettent un signe et ils se parlent.

“Il me semble que nous sommes si loin les uns des autres... Essayons de nous rapprocher un peu; il commence à faire froid…”

La nature, tout autour d’eux, devient l’objet de leurs fantasmes. Chaque bruit les inquiète, la réalité se déforme et la peur de ne jamais pouvoir rentrer débride leur imaginaire.

“ – Qui est-ce qui m’a touché les mains?
– Quelque chose tombe autour de nous!
– Cela vient d’en haut; je ne sais ce que c’est…”

Finalement le “premier” aveugle-né découvre le corps du prêtre. La présence du (de la) mort finit de dérégler la réalité du groupe et son unique espoir réside dans les yeux sains du bébé de la plus jeune aveugle qui semble être le seul à pouvoir encore les guider.


Des marionnettes hyper-réalistes

En 1890, Maeterlinck voulait chasser l’acteur de la scène car il considérait que l’idée d’humain, implicite dans tout travail de “représentation” de l’acteur, était dépassée ; à sa place, il préconisait la venue d’un androïde, d’une marionnette, c’est-à-dire d’une créature qui a perdu toute identité humaine mais toutefois en garde la forme.

Il évoquait les “étranges impressions éprouvées dans les galeries de figures de cire”; ces êtres qui ont l’apparence de la vie sans avoir la vie lui paraissaient faire appel à des “puissances de la même nature que celles auxquelles fait appel le poème”.

Pour aller au bout de ce fantasme de l’auteur, ce sont des marionnettes hyper-réalistes qui porteront le texte des Aveugles. Treize marionnettes (six hommes, six femmes et le prêtre mort) sculptées, habillées, coiffées comme une véritable population d'humains aveugles, à ceci près qu’elles seront à une échelle réduite (2/3 de la taille humaine).

Treize marionnettes, manipulées par quatre comédiens-marionnettistes (deux hommes et deux femmes) qui leur prêteront mouvements et voix.


Le tragique quotidien

Dans un texte célèbre intitulé « Le tragique quotidien », Maeterlinck écrit : “Il y a un tragique quotidien qui est bien plus réel, bien plus profond et bien plus conforme à notre être véritable que le tragique des grandes aventures. (…) Il s’agirait de faire entendre, par-dessus les dialogues ordinaires de la raison et des sentiments, le dialogue plus solennel et ininterrompu de l'être et de sa destinée”.

Les Aveugles ne déroge pas à cette tentative et la pièce semble être écrite pour solliciter la sensibilité du spectateur à l’égard de l’invisible, pour stimuler sa participation ; c’est un texte tissé de non-dits, de blancs et de silences, qu’il revient au spectateur de compléter.

Je souhaite que la présence des 13 pantins semblables aux humains - mais qui ne peuvent pas mourir – se déploie au service du poème. Leur réalisme renforçant l’atmosphère d'inquiétude où ils évoluent et leur surnombre (13 personnages pour 4 marionnettistes) imposant une économie de mouvement permettant à la langue de résonner tout près de ce que Maeterlinck appelle “l'âme du poète ”.

“ Si des personnages qu’on livre ainsi à ce néant hostile, on parvient à tirer quelques gestes de grâce et de tendresse, quelques paroles de douceur, d’espérance fragile, de pitié et d’amour, on a fait ce qu'on peut humainement faire quand on transporte l’existence aux confins de cette grande vérité immobile qui glace l’énergie et le désir de vivre. C'est ce que j’ai tenté de faire dans ces petits drames. Il ne m’appartient point de juger si j’y ai quelquefois réussi "

Maeterlinck dans Préface au Théâtre de 1901.

Diptyque

La création des AVEUGLES est le deuxième volet d’un diptyque dont la première partie est un spectacle pour les enfants: KANT de Jon Fosse, qui a été créé en mars 2007 au Théâtre de la Manufacture-CDN de Nancy Lorraine.

Comment parler de la même chose à un enfant et à un adulte? C'est le projet de ce diptyque de créer un spectacle pour le jeune public ( Kant de Jon Fosse) puis un spectacle pour adultes (Les Aveugles de Maurice Maeterlinck) autour du même questionnement dramaturgique, sur deux saisons consécutives.

Bien qu’écrites à un siècle d’intervalle et destinées à des spectateurs d'âges différents, les mêmes interrogations sous-tendent les deux pièces: notre désarroi face à l’inconnu, à l’inconcevable de la présence de l’homme sur terre.

Distribution


Mise en scène: Bérangère Vantusso
Sculpture et peintures des marionnettes: Marguerite Bordat

Scénographie: Marguerite Bordat
Création lumière: Olivier Irthum
Création sonore: Arnaud Paquotte
Collaboration artistique: Sophie Brenas
Régie son: Vincent Petruzzellis
Construction du décor: atelier du Théâtre de la Manufacture sous la direction de Jean-Louis Hoffmann, constructeur Stéphane Rubert, avec lʼaide de lʼatelier du Centre Dramatique de Thionville-Lorraine sous la direction de Pierre lemoine.
Interprétation: Anne Dupagne, Guillaume Gilliet, Junie Monnier, Philippe Rodriguez- Jorda
Administration et production : Catherine Hubin
Diffusion et production : Florence Kremper

Marionnettes


Sculptures et peintures: Marguerite Bordat, assistée de Nathalie Régior
Montage des corps et articulations: Bérangère Vantusso, assistée de Stéphanie Le Bourn
Costumes: Emmanuelle Thiébault avec la collaboration de Chantal Lallement
Perruques: Nathalie Regior et Sophie Niesseron
Moulage des têtes: Laurence Villerot
Moulage des mains: Justine Macadoux
Avec l'aide précieuse de Philippe Rodriguez-Jorda et Roland Vantusso


Partenaires


Production : Compagnie trois-six-trente, Centre Dramatique de Thionville Lorraine, Centre Culturel André Malraux – Scène Nationale de Vandoeuvre, Transversales – Théâtre de Verdun.
Avec l'aide à la création de la DRAC Lorraine et du Conseil Régional de Lorraine.
Conseil Général de Seine Saint-Denis en partenariat avec le Théâtre de la Marionnette à Paris: résidence de création artistique au collège Jean Jaurès de Saint-Ouen.

Les aveugles ont été créés du 23 au 31 janvier 2008 au Centre Dramatique de Thionville- Lorraine. C'est le deuxième volet d'un diptyque dont la première partie : KANT de Jon Fosse a été créé en mars 2007 au CDN de Nancy.

Direction artistique
Bérangère Vantusso

Administration & Production
Flavia Amarrurtu

compagnie@troissixtrente.com


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