Compagnie
Bérangère Vantusso

L’Institut Benjamenta
d’après le roman de Robert Walser


Mise en scène : Bérangère Vantusso
Création 2016, Festival d’Avignon

{Répertoire}


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© Ivan Boccara

«[…] Il y a là un monde entier à inventer où l’obéissance pure deviendrait la plus grande transgression. »

Bérangère Vantusso

« Chaque nouvelle création de la compagnie trois-six-trente prend sa source dans la précédente. Le travail entamé en 2006 avec les marionnettes hyperréalistes est en questionnement permanent, il doit se réinventer à chaque spectacle…


Après Le rêve d’Anna d’Eddy Pallaro créé en 2014, je souhaite suivre la piste d’un “réalisme fantastique” en sortant nos personnages d’une forme de quotidienneté. Je veux également transformer la relation acteur/marionnette en les considérant, cette fois, comme une seule population de personnages sur le plateau, les premiers n’étant pas seulement au service des seconds.

Ce besoin de transformation et de fantastique s’est amplifié avec la rencontre esthétique du peintre flamand Mickaël Borremans. Peintre réaliste, doué d’une technique brillante, il peint des sujets sortis d’un monde absurde, hautement poétique, très ancré dans le réel tout en étant totalement fantastique. Un détail, un décor, un cadre, une couleur sur la peau, il déplace le monde en ouvrant des espaces à la fois familiers et étranges, toujours très théâtraux.

Après Ron Mueck en 2005 qui a ouvert la voie à nos marionnettes hyperréalistes, Borremans est certainement un artiste important pour la suite de notre travail. J’ai donc cherché le texte qui donnerait un élan à ce désir de renouvellement, et c’est par le détour du cinéma des frères Quay que j’ai découvert l’Institut Benjamenta de Robert Walser.
Le sujet a immédiatement éveillé mon intérêt : une école où l’on forme des domestiques. Obéir, s’effacer, se soumettre, exécuter, servir – Ordonner, dominer, inculquer, se faire servir, autant de notions qu’il m’intéresse d’aborder aujourd’hui. Cette dialectique du maître et de l’esclave est un appel très inspirant pour la marionnette qui ne prend vie que lorsque quelqu’un se met à son service, mais qui impose à celui qui l’anime de ne plus se mouvoir pour lui-même mais pour l’autre.

Ensuite la lecture du roman a été un choc littéraire.
Une langue limpide, modeste et vive. Souvent drôle. Robert Walser fait un pas de côté et s’extrait de tout dogmatisme. Il propose un “être au monde” singulier qui m’a réjouie autant que réconfortée: profondément bon en étant cruel, profondément subversif en étant docile. Le personnage central, Jacob von Gunten, anti-héros walsérien, me touche vraiment. Il se veut faible et petit, en retrait des contingences, mais toujours prêt à se révolter et à partir. Il ne craint pas de recommencer, il n’a rien à perdre ni à gagner, car il ne possède rien. Il écrit et déclare ne pouvoir respirer “que dans les régions inférieures”. Au-delà de cette micro-société qu’il me plaît de sonder, L’Institut Benjamenta est un immense appel au rêve. C’est un conte mystérieux dont les héros seraient joués par les personnages de Borremans. Les portes se dérobent, l’onirisme tient lieu de réalité, on y apprend des chants et d’étranges chorégraphies, les fantasmes s’incarnent et le réel s’effondre avec grâce.
Il y a là un monde entier à inventer où l’obéissance pure deviendrait la plus grande transgression. »

Bérangère Vantusso, Juin 2015

Distribution


Adaptation: Bérangère Vantusso et Pierre-Yves Chapalain

Mise en scène: Bérangère Vantusso

Collaboration artistique et scénographie: Marguerite Bordat

Interprétation: Boris Alestchenkoff, Pierre-Yves Chapalain, Anne Dupagne, Guillaume Gilliet, Christophe Hanon, Philippe Richard, Philippe Rodriguez-Jorda 


Musique: Arnaud Paquotte

Lumières :Jean-Yves Courcoux

Marionnettes: Marguerite Bordat, Einat Landais, Nathalie Régior, Carole Allemand, Cerise Guyon, Michel Ozeray

Perruques des marionnettes: Nathalie Régior, Deborah Boucher

Costumes: Sara Bartesaghi-Gallo

Collaboratrice / mouvements: Stéfany Ganachaud

Régie plateau et régie générale: Philippe Hariga

Régie son: Vincent Petruzzellis

Administration et production: Christine Tiana

Diffusion et communication: Florence Kremper

Remerciements: Vanasay Khamphommala.

Partenaires


Production: la compagnie trois-six-trente, Le Théâtre du Nord – CDN Lille/Tourcoing/Nord-Pas de Calais, Théâtre Olympia – Centre dramatique régional de Tours, Théâtre de Sartrouville 
et des Yvelines – Centre dramatique national, Le Festival d’Avignon, TJP, Centre Dramatique National d’Alsace – Strasbourg, Scènes Vosges à Epinal, FMTM – Le Festival Mondial des Théâtres des Marionnettes de Charleville-Mézières, Le Théâtre Jean Arp, scène conventionnée de Clamart, L’Hectare de Vendôme.

Avec le soutien de la SPEDIDAM.

Bérangère Vantusso a bénéficié d’une résidence à la Maison du Comédien Maria Casarès.

La Compagnie trois-six-trente est une compagnie conventionnée par le Ministère
de la Culture – Drac Lorraine et bénéficie du dispositif d’aide au conventionnement des compagnies du Conseil Régional d’Alsace Champagne-Ardenne Lorraine pour la période 2015-2017.
L’Institut Benjamenta est édité chez Gallimard – L’imaginaire Traduction Marthe Robert.


« Au-delà de cette micro-société qu’il me plaît de sonder, L’Institut Benjamenta est un immense appel au rêve. C’est un conte mystérieux dont les héros seraient joués par les personnages de Borremans. » 

Bérangère Vantusso

Direction artistique
Bérangère Vantusso

Administration & Production
Flavia Amarrurtu

Communication
Florence Kremper


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